Pour
le week-end du premier
mai, le soleil n'envisage pas de faire le pont au nord de
Barcelone. Non
plus qu'au sud de Gérone. J'en profite pour
exécuter
un de mes projets à mi-chemin
entre ces deux villes catalanes, au départ de Sant
Celoni.
Divers incidents de parcours m'ont obligé à
reporter la fin de la randonnée au lendemain.
A aujourd'hui, donc.
UTM : 31 T 463123 4618974
Tous
mes parcours sont
construits à partir de données Internet. Sur
place, je ne peux donc compter que
sur un extrait de carte imprimé au plus juste, correspondant
à une boucle d'un seul tenant.
Dans ce contexte, le plus simple me semble de partir à
l'envers et de remonter vers le Coll de
Can Rodon auquel, hier, je n'ai pu
accéder.
Pour rentrer, faute de documentation, ce sera à nouveau "au
doigt mouillé".
UTM : 31 T 464156 4619300
J'ai
pris toutefois la
précaution de nourrir le GPS des coordonnées du
parking de ma voiture. Environ
sept kilomètres au nord de Sant Celoni.
Hier, sous le soleil d’une fin d'après-midi, mes
pieds ont pu prendre
pour récompense, la traversée
à gué de La Tordera,
il m'est plus difficile de les tromper,
de les tremper, aux aurores.
Un
chemin se glisse sous l'autoroute,
UTM : 31 T
464441 4618904
traverse une
passerelle au-dessus de la Riera
de Furioso, connue de ma chaussure droite,
et prend la
direction de la montagne. Je reconnais la piste par
laquelle je suis rentré hier au soir.
UTM : 31 T 464451
4618844
Je
la quitte rapidement par la gauche.
UTM : 31 T 464633 4618092
La
pente entame d’entrée mes regrets de n'avoir pu
boucler la boucle en une fois.
Tout aujourd'hui,
je ne m'en prendrai lâchement qu'à de petits cols,
mais
reliés entre eux par des pistes
émaillées de
carrefours. Certains peu évidents à aborder parce
qu'ils
imposent de quitter une voie pour
une autre de moindre importance. Certains peu engageants parce qu'ils
aiguillent vers une pente descendante
UTM : 31 T
465877 4617310
alors que
l'on
prétend à l'ascension d'un col.
A un moment ou a un autre il
faudra retrouver l'altitude perdue.
Aujourd'hui, les séquelles visibles de la tempête Klaus
se font rares et aucun
arbre n'empiète plus sur la chaussée
sans ménager un espace de contournement.
Sans en prendre conscience ni
être alerté par le GPS, les roues du VTT
empruntent un raccourci qui…
raccourcit.
Google Earth, a posteriori, m'en révèle le fait.
Complice
du détournement, une
aire de pique-nique de l’ère Cro-Magnon, se
dissimule dans la végétation.
Je
renoue avec le circuit
prévu
en
vue d'un lieu habité
que je franchis avec célérité
et discrétion pour ne pas importuner
quelque possible gardien canidé.
Une fois à
bonne
distance de la ferme de Ca l'Oller, je prends
conscience du bien-fondé
des mesures prises, même si elles le furent dans le seul
cadre du principe de
précaution.
J'aurais
transité en sens inverse, comme prévu,
hier au soir, je me serais
trouvé là devant un second obstacle.
Le
chemin privé ne me prive
pas de retrouvailles avec une piste à grand gabarit. Mon
approche du Coll de
Ca l'Hivern exige un passage par ou à
proximité de Can Maino que je
n'ai pas imaginé situé en terrain
privé. En revanche, j'ai envisagé la
possibilité de contourner le lieu-dit, afin, là
encore, de m’éviter une
éventuelle confrontation avec des chiens. Circulant en
groupe, je ne redoute
pas la rencontre avec ces animaux attachés ou
détachés à la préservation
du
droit de
UTM : 31 T
467828 4618947
propriété.
Ils ne s'intéressent jamais à moi. Randonnant
seul, je dois
tenir compte de leur choix restreint de mollets.
J'ai
prévu un itinéraire de contournement que je
contourne à maintes reprises avant de trouver
à l'emprunter.
Pour
ne perdre ni temps ni forces, il suffit de suivre la grande
piste dans la
continuité du chemin de Ca l'Oller et de
chercher à main droite, un
passage entre deux champs bordés de clôtures
électriques.
UTM : 31 T
467842 4619014
L'itinéraire
traverse la Riera de
Ramio
avant
d'entreprendre l'ascension proprement dite du col.
On tutoie alors Can
Maino par le nord.
UTM :31 T 468016 4618798
"Perill",
se
passe de traduction.
"Gossos" me semble être
associé, parfois, à une tête de chien
sur les accueillantes plaques apposées aux
entrées des villas en zones
urbanisées. "Lliures" me fait penser
à libre : en liberté.
J'ai
bien fait d'éviter la traversée de Can
Maino et vu l'état du
portail... ouvert, je n'hésite pas à
m’éloigner au plus vite.
Le prétexte d'une
prise de photo
33 mètres avant le
Collet
de Ca l'Hivern,
me permet d'atteindre la passe dignement... à pied.
Aujourd'hui, le Collet de les Feines
ne mérite l'aller-retour que dans le cadre de la
règle du Jeu du Club des Cent Cols. De menus "travaux" de
débroussaillement redonneraient à son
appellation quelque crédit et
éclaireraient
peut-être sur son éventuel usage passé
ou
présent.
De retour sur la boucle,
plongées
et contre-plongées
reprennent leur stupide
concurrence
jusqu'à ce que la vue des cols à atteindre
forcent les descentes
à
céder la partie aux montées.
Il fait aimer se faire mal pour partager ce jeu de piste jusqu'au
Le
chemin de la mine d'or se fond dans une piste en provenance,
à
gauche, de Roca-Rossa. J'emprunte la voie fort carrossable en sens
opposé en direction
Il
s'agit plutôt,
du moins aux abords de mon parcours, d'habitations éparses.
Pour
traverser l'endroit, je suis l'axe principal, conscient
d'opérer
des circonvolutions peut-être évitables.
En négligeant
d'aller au plus court, je limite les risques d'une orientation
compliquée dans une
configuration possible de montagnes russes. Un symbolique
revêtement goudronné prend
fin peu
avant les dernières maisons.
La carte situe le prochain objectif
dans
une ligne plus ou moins droite et à l'écart de
tout
embranchement. Je compte sur le GPS pour m'avertir à
l'approche
de la
Creu d'en
Batista. Sûr, sans
aide technique j'aurais franchi ce col à la
manière de Monsieur Jourdain.
Coll del Molinot.
Le carrefour affiche son importance au travers de panneaux
directionnels. Sur la droite : Hostalric,
dont je connais l'emplacement, dans la vallée, sur la C-35.
A gauche El Molinot,
lieu-dit vers lequel
Qui sait pourquoi, après l'embranchement d'El Molinot, je
m'engage à droite
sur une voie un
moment parallèle
à
celle prévue ?
Un débordement de sens de l'orientation,
peut-être ? Je constate a
posteriori qu'il s'agit là d'un raccourci que j'emprunterai
d'ailleurs,
"au doigt mouillé", au retour.
Mais pour l'heure, l'itinéraire ne correspond pas
à celui programmé et le GPS
se déclare incompétent pour le suivre. Je regagne
donc le carrefour d'El
Molinot.
J'évite, cette fois, la voie de droite au niveau d'un
véhicule en stationnement
pour rester dans le droit chemin de mon projet.
Plus
compliqué.
Des
cols apparaissent au loin
sans que je ne parvienne à les identifier.
Peu à peu
la piste gagne cent mètres d'altitude.
Mon
ultime objectif, celui
devant lequel j'ai dû renoncer hier, s'affiche à
622 mètres de là. A vol
d'oiseau.
Sur ce terrain
tourmenté, la distance en ligne droite ne signifie rien,
d'autant qu'une seconde distraction - mais ne randonnent-on pas pour se
distraire ? - me fait succomber à la logique d'aller
chercher
les cols en montée.
Et
pour monter,
je monte. Jusqu’à dix mètres au-dessous
du Collet dels Sords. Mais cela je ne
le constate qu’au retour, après avoir
"vidé" les données du GPS dans
Google Earth. Peut-être ai-je côtoyé une
jonction possible entre les deux cols
?
De
retour à l'embranchement, j'aborde la seule piste restante,
forcément la bonne, qui
sans difficultés
me conduit
au
Coll
de Can Rodon.
Pourquoi
un col aussi banal m'a-t-il donné autant de fil à
retordre pour l'atteindre ?
Pour
me guider au
retour, je ne possède d’autre donnée
que le waypoint effectué en quittant mon
véhicule. Ma carte imprimée à
l’économie, n’est constituée,
au centre de la
boucle, que de papier blanc. A
mon grand étonnement, après une
journée de pédalage,
ma voiture se trouve à seulement 4700 mètres. A
vol d’oiseau, là encore, bien sûr.
L'oiseau en vol, lui, se joue des culs-de-sac.
Je
me repère au carrefour
d'El Molinot
sans pour autant réaliser que je viens de
descendre par une piste
quasi-directe ; celle par laquelle, par erreur, j'ai failli
monter.
Maintes
infructueuses recherches de passages me
mènent à remonter le Collet del
Molinot et
à suivre la direction d'Hostalric.
Au pire, une fois dans cette cité, je rentrerai par
l'infernale C-35.
Le
crochet ne sera pas
nécessaire, une bifurcation providentielle, à
gauche, remet mon BTT dans l’axe
de ma voiture et la distance entre les deux fond à chaque
coup de pédale.
J'en suis bientôt
à traverser l'autoroute
à la longer
par un itinéraire
touristique aménagé et
à prendre
le dernier bain de pieds au
programme de cette magnifique boucle.
Dans un état de forme normal, en absence de distractions
répétées, les 22 cols doivent pouvoir
être
franchis dans la journée.
Pour
ma part, compte-tenu de ce que fut la première partie, je ne
regrette pas d'avoir remis à aujourd'hui
l'exécution de
la seconde.
En une ou deux fois,
cette boucle mérite d'être bouclée.
Outre le franchissement d'une abondance de cols
elle permet de
pratiquer
le VTT dans un décor préservé
insoupçonnable, à deux pas du Sant Celoni
industriel que retient l'automobiliste de passage et dont les seules
limitations de vitesse en agglomération parviennent
à ralentier la fuite.