J'avais mis de côté, pour
l'avoir devant moi en fin d'automne, un ultime petit parcours VTT en
terre
espagnole. Juste au-delà de la frontière.
L'amortissement de ce type d'expédition nécessite
à mes yeux le beau temps. La saison 2007 prit fin
sans que
je ne trouve l'occasion d'y inclure cette randonnée.
Tant mieux.
Un printemps estival venu s'épancher au coeur du mois de
janvier
avance la date d'ouverture de la "chasse aux cols" 2008. Sans
préparation. Sans entraînement. Avec quelques
kilos de
trop.
Le Coll del Frare
est déjà connu des pneus de mon vélo.
Son point de vue sur Cerbère mérite toutefois le
coup d'oeil.
Le départ est prévu à Colera.
La peste soit de Colera, suis-je tenté de pe...nser non par
absence de places de stationnement mais, plus grave, par absence de
soleil. Le village marque la frontière avec une zone
nuageuse
imprévue au programme. La
brume côtière s’évanouit sans
même que j'y
prenne garde. La journée se conforme à mes
espérances. La tenue d'hiver peut rester au frais dans la
camionnette.
Les 75 premiers mètres de
dénivelée sont consacrés à
l'ascension routière du Coll
de Sant Antoni qui figure déjà
à mon palmarès.
Km 1,3
Une pancarte précise les destinations proposées
par le
chemin de droite : Sant Miquel de Colera, Castell de Molinas, Dolmen de
Puig d'Esquers.
Je n'ai pas envisagé de pèlerinage
à Sant Miquel mais
cette piste emprunte tous les cols que j'entends franchir.
Sans avoir produit le nombre de tours de roues estimé pour
atteindre mon premier objectif, un col se présente.
Un col
doté d'un panneau imposant...
qui n'affiche pas de nom de col. En compensation il expose une carte
des environs. Et sur cette carte, je lis, à l'emplacement
même où je me trouve : Coll de la
Perica.
Le premier passage de l'année n'était pas
prévu au programme.
Il ne figure pas sur mon extrait de carte. Je croyais la
période des cadeaux expirée. Il est vrai que par
ce
temps, le mois du blanc ne peut prendre la relève.
La piste continue à s'élever au-dessus de
la Méditerranée.
Km 2,6
Cent mètres de dénivelée
supplémentaire me hissent à
hauteur du Coll
d'en
Poca-sang.
Une maison, signalée sur mon
ersatz de carte, se trouve
en
léger
contrebas. C'est le troisième col consécutif que
je crois
avoir
reconnu malgré l'absence totale de pancartes
d'identité.
Les cols pullulent
et, sur le terrain, leur
attribuer un nom devient difficile.
D'après la carte du panneau exposé au Coll de
Perica, le Coll de Tres Camins aurait
immigré par ici ;
la Collada semblant être associée au
second point
d'Information du parcours.
Punt
d'aigua a des allures de col sans prouver qu’il
est plus qu'un point d'eau.
Deux cartes trouvées depuis, contrairement
à celle affichée en début de parcours,
situe ici le Coll
de
Tres Camins.
A cet endroit précis j'ai prévu de ne rien
prévoir. De voir sur place à quoi correspond le
fin
tracé discret qui figure sur mon plan
et évite
d'aller contourner, bien plus haut, le Puig d'Esquers.
Km 6,7
Un point d'eau et un point de vue... que je partage,
le fin trait de ma carte mérite d'être suivi.
Depuis l'abandon volontaire de l'asphalte, les pistes peuvent
être
classées R1, c'est-à-dire cyclables. Celle-ci
présente deux caractères
supplémentaires
intéressants : elle descend et elle passe à
proximité de Mas Patiras
situé sur un col parfait dont je m'offusque de ce
qu'il reste anonyme.
Il sépare le Puig del Llop, à gauche, du Puig
d'Esquers
qu'une flèche invite à gravir par un sentier.
Le parcours garde une vue sur la mer. Moi aussi.
La piste poursuit sa mission de raccourci
jusqu'à rejoindre le chemin délaissé
à la
réserve d'eau pour qu'il contourne seul le Puig d'Esquers.
D'après ma carte, dans un creux, à
proximité de
Mas Gonter, à main droite, un sentier devrait grimper au Coll del Trauc.
Cet itinéraire semble prendre naissance derrière
une
barrière électrifiée qui agglutine une
centaine de bovins mécontents des entraves faites au droit
d'aller et venir. Je ne cherche pas à
déterminer le sexe des
animaux. On est en Espagne, pays de tradition taurine. J'investis mon
élan dans l'ascension d'un col non
inventorié par ma carte mais situé sur la piste.
L'avenir me dira que j'ai eu raison d'éviter la corrida,
l'accès au Coll del Trauc n'est pas celui-là.
Dans la remontée un carrefour exige
réflexion. A gauche, la direction de Sant Silvestre de la
Valleta n'est pas la mienne. (A)
(Une carte que j'aurais aimé avoir lors de ma
randonnée)
Ce col ignoré de ma carte s'avère être
le Coll
de la Serra. La
moisson sera plus abondante que prévue. (B)
Les Coll
de Quirq
(C)
et Coll de Closa
(D)
ouvrent sur
la civilisation urbaine
à Vilamaniscle. La suite de mon itinéraire
emprunte une petite partie du GR 11.
L'asphalte
prévoit de m'accompagner jusqu'à Rabos
par le
Coll de Reixac.
Ma carte est formelle, je dois contourner Rabos par le haut.
L'oeil y gagne ce que le mollet y perd.
Dans une certaine incertitude, mais dans la bonne direction,
je
me dirige vers Espolla tout en me félicitant de ne point
avoir
la vue basse.
Le franchissement du Coll
Fornell,
quelque part sur le chemin, réveille mon estomac
réglé à l'heure française.
Un muret, sur une
piste latérale et tranquille, m'offre
l'opportunité de
déballer le pique-nique. Il m'offre de conserve une vue
imprenable sur Espolla... qui finit par m'intriguer.
Ce
village connaît une animation inhabituelle.
Je perçois des mouvements de véhicules
incessants.
Je crois même distinguer un embouteillage à
l'entrée du bourg.
Espolla est en fête. C'est la "Fira de l'oli i
la olivera" et
aussi la "Festa de Sant Sebastià".
Du fait, le retour au goudron n'est pas fête pour moi. Il se
fait dans une pollution de voitures espagnoles et
françaises. On vient de loin à la "Fira"
A Sant Climent Sescebes,
je dois trouver un chemin conduisant au
Campament Militar. C'est finalement par la route
que je m'y rends.
L'accès au
d'Aus ne nécessite pas de s'engager... dans la
caserne sans pour autant éviter la zone militaire.
Le chemin laisse place comme prévu à un sentier,
puis
à un autre... Un chemin différent
ramène à
la route en un lieu plus éloigné du "campement.
Coll d'Aus.
Ici où peut-être ailleurs. De nombreux cols sont
en
faction dans ce massif stratégique. Certains sont sans
appellation. Le mien pratique le camouflage.
Sant Climent Sescebes me voit revenir par la même route. La
direction Mollet de Peralada se trouve fort bien indiquée.
Une fois ce village atteint, trouver la GIP 6031 exige du flair.
Il faut dans un premier temps remonter près de Rabos pour
piquer
ensuite vers Garriguella. J'ai
la chance de pouvoir m'abriter derrière un
coureur du dimanche matin qui, après m’avoir
doublé, s'époumone à tenter de
me livrer
à un vent ennemi. Ma bifurcation sur la N 260
réjouit le cycliste. Et moi aussi. Mon BTT n'entretient pas
d'affinité avec
l'asphalte surtout après une partie de saute-cols.
Km 40,6
Peu après le Castell
de Carmenço
à main droite, un tronçon de l'ancienne nationale
donne
immédiatement accès au chemin permettant
d'atteindre le Coll de
Canyelles.
Mon objectif nécessite de poursuivre la piste grimpant le
long du Montperdut. Des
cols attirants me dévient pourtant un instant du droit
chemin.
Sait-on jamais, trouverais-je un jour quelque carte les jugeant dignes
d'être
nommés ?
Revenu sur l'itinéraire, une légère
montée suivie d'une courte descente donnent accès
au Coll
de Canyelles.
En observant la carte, il est possible et probablement plus
intéressant, d'aborder ce col par l'autre face et ainsi de
l'inclure dans une boucle. La GIP 6041 y passe tout prêt. Il
m'aurait suffit pour cela de garder l'abri du cycliste un
kilomètre de plus jusqu'à Vilajuïga
d'où part
cette route.
Le panorama offert au Coll
de Canyelles démontre que je me rapproche de la
fin de mon parcours.
De retour à la nationale, la descente sur Llança
remonte la moyenne. La recherche du
de Grifeu l'abaisse à nouveau.
La recherche du chemin copinant avec ce dernier ensellement oblige
à explorer les hauts de Grifeu. Cette urbanisacion, comme
toutes
celles que j'ai parcourues en Catalogne, recèle des
côtes
mémorables et des culs-de-sac surprenants.
Des cols aussi. Presque trop. Je les fais tous. Chauvot y retrouvera
les siens.
Le Coll
de Sant Antoni
reste à gravir, par sa face sud, cette fois.
La boucle est bouclée. La moisson de cols reste à
définir. 13 au minimum. Probablement plus. Le
parcours
serait à retravailler, de nombreux autres passages ont
été frôlés (8). Certains
ignorés
volontairement parce que déjà franchis.
Pour moi, nulle colère de n'avoir pas fait le plein. La
nature
était sublime, les piste merveilleuses, le soleil sans
caprices.
Je reviendrai volontiers. L'année 2008 ne fait que
commencer.