Pour
le week-end du premier
mai, le soleil n'envisage pas de faire le pont au nord de
Barcelone. Ni non
plus au sud de Gérone. J'en profite pour exécuter
un de mes projets VTT à mi-chemin
entre ces deux villes catalanes, au départ de Sant-Celoni.
UTM : 31 T 457737 4614959
En
remontant vers le sud, la C-35,
où que l'on ait garé son
véhicule dans une zone industrialo-commerciale,
on trouve à quitter l'artère encombrée
pour la direction d'Olzinelles.
La BV-5112
affiche son kilomètre zéro sous le pont de
l'autoroute
et amorce sans
attendre son ascension vers le parc del Montenegre i el
Corredor.
J'ai déjà parcouru ce massif
protégé, par
son autre face en surplomb de la Méditerranée.
Deux fois au départ de Calella et une
à partir de Valgorguina.
Aujourd'hui,
il s'agit de
randonner en boucle par la
quasi-totalité des cols non encore visités. Le
premier ne tarde d’ailleurs pas
à être franchi... et re-franchi… pour
ne l'avoir pas remarqué au passage. La
carte reste formelle, le
Coll Serena
précède de peu un col géographique
UTM :31 T 458179 4614094
beaucoup plus remarquable.
UTM : 31 T 458220
4613895
A
partir du kilomètre trois, il convient
de se préparer à rechercher, à gauche,
le départ d'un chemin.
UTM : 31 T 459187 4613197
Seul
un panneau du Parc commet
l’audace d’inciter à s'engager
sur un chemin privé.
En toute discrétion, une piste parallèle
contourne le domaine
et annonce, une fois cette
mission accomplie, la direction du Coll
Buti.
Lequel ? Alpina voit
un Coll Buti,
là où l'ICC
trouve un Coll de
Vilardell que l'Alpina
nomme alors Coll Buti.
Pour ne pas être en reste, l'ICC plante un autre Coll Buti
à mi-chemin entre les deux.
Peu
m'importe, tous les cols,
Buti ou non Buti, s’étalent sur mon parcours
facile à
suivre tant qu'il reste balisé.
Tout
va pour le mieux
jusqu'au
premier incident de
la journée. Le porte-bidon, porte cartouches d'air, porte
pompe... prend soudain
un air détaché. Le vélo est pourtant
neuf. Les boulons de fixation, non. Je
constate leur dépareillement. Je ne peux faire suivre une
caisse à outils
complète pour parer à de telles
éventualités. Une réparation au
Couteau Suisse
me permet d'atteindre le
Coll
de Vilardell (ou de Buti).
UTM :31 T 460555 4614141
Un foulard échappé de quelque arène
andalouse et
trouvé errant au milieu de la piste, s'attache
à ma
monture et sert de lien entre elle et le porte-bidon. Je sors ainsi
d'une impasse mécanique pour une impasse tout court, inconnue
d'Alpina comme de l'ICC.
Le
"sans issue" doit
faire référence au panneau implanté
plus loin, réservant la circulation aux
véhicules non motorisés.
A
hauteur de Can Rusques
se situe le Coll Buti de l'Institut Cartographique
Catalan. Je guette
davantage l'éventuelle présence d'un chien que le
col lui-même. La porte de la
maison se trouve entrebâillée. Le
Coll Buti, lui, se trouve
grand ouvert, peu après la bâtisse.
UTM :31 T 460678 4614411
Le Coll de
Vilardell, après le Coll Buti.
J'erre plus d'une heure dans les environs à la recherche
d'un
impossible raccourci. Sur un parcours que, pourtant, je
soupçonne étendu, je commets là une
première
erreur.
La meilleure option, en l'état de mes connaissances, est
celle que j'avais retenue : descendre à gauche
UTM :31 T 460850 4614575
vers
une "urbanizacion" et remonter de suite à droite
UTM :31 T 460629 4615159
jusqu'au
château d'eau.
Le
carrefour du château d'eau cherche
à jouer des tours. Des détours même.
UTM : 31 T
460813 4615299
Le
chemin à adopter plonge en
face. Sa modestie le masque à l'évidence.
UTM : 31 T
460813 4615299
Il
débouche rapidement sur une
UTM : 31 T
460883 4615450
piste
d'importance aux destinations affichées.
UTM : 31 T
460883 4615450
Empruntée à droite, la route non
revêtue exige un parcours attentionné.
Le long de
cette
voie, deux objectifs ont leurs points d'accès. Le premier,
à main gauche, passe
inaperçu. Attentif, mon GPS le détecte.Aucun
col ne paraît pouvoir trouver place dans
UTM :31 T
461524 4615290
le ravin qu'un petit
chemin entreprend de
dévaler.
Dans un premier temps
le GPS affirme qu'on
s'éloigne de l'improbable col. Une épingle
à cheveux le fait soudain revenir
sur ses déclarations et sur le
Collet
de les Partions, bien
dissimulé mais bien vivant.
évite Can Riera de Vilardell
qu'une bretelle, à droite, propose de rallier ;
UTM :31 T
461413 4615036
elle
frôle Can
Xifré,
UTM : 31 T
461466 4614778
et poursuit,
provisoirement sans moi, au-delà du carrefour suivant.
Pour l'heure,
j'entreprends, à gauche,
UTM :
31 T 461403 4614307
l'ascension
du
Coll
Sagrès.
Coll Sagrès
UTM :31 T 461886 4614579
En aller-retour.
UTM : 31 T
461403 4614307
Une
longue mais rapide jonction
au profil plutôt descendant, mène, à
condition de ne jamais dévier de la piste
principale, à l'embranchement d'un petit chemin,
à main gauche. Une pancarte
jaune, sans lien avec la nouvelle direction à
prendre, annonce un
restaurant.
UTM : 31 T
462421 4614170
La pente
favorise sans ménagements mais pas
sans détours
une reprise d'altitude. Une ligne droite met fin à
l'escarpement abusif de l'itinéraire d'accès au
Désormais
solidaire
d’une ligne de crête, le chemin enchaîne
les cols, pour la plupart géographiques.
Une des versions de l'ICC note au passage un
Collnegre
de
Can Genestar, bien
présent à l'emplacement indiqué. La
typographie employée par la carte fait
penser à une appellation attachée au
domaine implanté là, plus qu'au col
lui-même.
Sur
place, je constate que l’humble lieu-dit se
nomme Can Ginesta,
sans la moindre particule. Il est un écart du hameau
situé
plus loin. Collnegre de Can Genestar - encore
présent, à l'heure où je
l'ai franchi, sur le catalogue des cols de Catalogne ! -
semble désigner
l'ensellement et rien d'autre.
Indifférent à
ces
préoccupations sémantiques, le chemin poursuit son
entre-deux vallées
Sur le terrain, j'oublie les difficultés
éprouvées
lors de l'élaboration de la boucle, au niveau de ce secteur.
Aussi,
c'est sans motif préconçu
qu'après le carrefour de Sant
Marti, je me ressens "comme un peu perdu".
J'essai un
chemin
à droite qui pour m'attirer,
file un temps dans une direction parallèle.De
retour à l'intersection, je m'en remets à la voie
de gauche.
C'est la bonne.
Je ne parviens
plus désormais
à
atteindre aucun des waypoints programmés.
Je tente sans
enthousiasme un chemin sur la gauche. Après
quelques virages anodins, une courbe prononcée
m'éloigne délibérément de
l'objectif.
"Qui veut construire une tour
commence par
s'asseoir"; précepte
biblique que j'applique
d'autant plus vite que l'estomac se mêle
de sonner l'alarme.
La
pause pique-nique me ramène à la raison et
à ma
méthode éprouvée du doigt
mouillé. Je
regagne le modeste chemin et braque le GPS directement sur le Coll
dels Sords, zappant les repères
intermédiaires
introuvables.
C'est
ainsi que par une voie
imprévue, je retrouve mon itinéraire au niveau
"d’El Crous",
altitude 316, sur la carte.
La progression vers le Coll dels Sords subit la complication de
nombreux
revirements de direction.
Je
me joue des virevoltes successives
jusqu'à la traversée à
gué de la Riera de Fuirosos. Mon
attention
troublée par la fraîche réaction d'un
pied immergé sans assentiment, se
détourne du chemin d'accès au col. Et
moi avec,
La
descente d'un jeune vététiste a priori trop
pressé pour gravir des cols en cul-de-sac,
le
franchissement à répétition et
à gué
de la riera,
le tutoiement
d'un petit lac,
auraient dû me faire douter de ma bonne direction avant
l'approche des 400 mètres d'altitude.
De
retour sur les lieux de mon bain de pied, je corrige mon erreur. Dans
le sens de la descente, faute de complicités, le chemin du
Coll dels Sords peine à se dissimuler.
Il
faut reprendre à zéro
l'ascension.
Pas de riera ni de lac de ce côté mais une vue sur
une grande partie de mon terrain de chasse à venir.
S'il fallait
zapper un col pour terminer cette boucle dans les
délais, je proposerais le
Coll dels
Sords.
D'après
ma documentation, il ne
débouche sur rien. Pourtant la piste continue. Où
?
Pourtant
un petit chemin
descend, à main gauche, plus ou moins en direction du Coll
de Can Rodon, mon
prochain objectif. Au bout de quelques centaines de mètres
de progression
curieuse, je préfère ne pas ajouter à
mes errances du jour et m'en tenir pour
une fois à mon programme.
Sans
rancune ni colère sèche,
je traverse à nouveau l'eau courante, afin
d’aller chercher à Can
Riera de Fuirosos un chemin d'accès direct au Coll
de Can Rodon.
Plusieurs passages
devant le carrefour s’imposent
pour que j’admette que le chemin recherché est
celui portant l'inscription
"Propietat privada". Mon extrait de carte, imprimé au plus
juste, ne
m'offre d'autre alternative.
Il
en faut donc plus pour m'arrêter :
une
clôture d'un seul tenant
barrant le chemin, par exemple.
Je ne m'attarde pas, heureux que le flair d'aucun éventuel
chien de garde
ne m'ait détecté. Le
temps perdu à rabibocher
porte-bidon et consorts au cadre du vélo, le temps et les
forces gaspillés dans quatre fausses pistes, un
état de forme peu affirmé, un déficit
d'information sur le
moyen de joindre la dernière partie du parcours me font remettre à plus
tard ce que j’aurais dû faire le
jour-même.
Sans carte, il ne me reste plus qu'à retrouver ma voiture.
J'ai pris la
précaution d'établir un waypoint en quittant son
lieu de parking. Je sais, du fait, qu'à
vol d'oiseau elle stationne à 7 kilomètres.
Longtemps, longtemps, je roule sans m'en
éloigner… mais sans m'en rapprocher,
jusqu'à ce qu'apparaisse l'autoroute longée ce
matin.
Une
piste suit la voie à grande circulation,
la traverse, la longe encore. Il me
faut maintenant
rattraper la C-35, sur le bord de laquelle mon véhicule
attend.
Dernier
obstacle : la Tordera.
Je ne sais s'il est inhabituel que du liquide coule dans le
lit du cours d'eau mais pour le franchir il faut
se contenter
d'un
gué.
La
C-35 très
fréquentée offre la plupart du temps une
surlargeur.
Je
devais, demain, monter quelques cols épars dans les environs
avant de me rendre au sud de Barcelone pour une boucle de grande
importance.
Changement de programme, demain je terminerai ma randonnée
écourtée.
Je ne le regretterai d'ailleurs pas. Mais ça, ce sera une
autre histoire, à suivre...