D'après la météo, cette
après-midi le
soleil a rendez-vous avec Saint-Affrique. Optimiste, je gare
mon
véhicule à dix heures sonnantes sur le parking de
la gare
aveyronnaise.
A dix heures, le brouillard recouvre mon optimisme d'un voile
épais que seule une sieste matinale permettra de lever.
Vers 11 h 15 il fait enfin un temps à mettre un VTT dehors.
UTM : 31 T
491228 4866855
La
randonnée du jour conjugue deux objectifs : tester un
embryon de piste
verte aménagée sur l'ancienne ligne de chemin de
fer Saint-Affrique -
Tournemire,
et franchir quatre cols alentours.
La
Voie Verte affiche son kilomètre zéro
sous
l'ancienne gare marchandises
et
file dans un premier temps au sud-est.
La
voie est protégée des engins motorisés
par des
barrières en chicane qui obligent, en théorie, le
cycliste à mettre pied à terre. Elles
protègent du
fait le randonneur en l'obligeant à stopper devant un
carrefour
ouvert à la circulation.
Si
deux dangers se trouvent
ainsi écartés, un nouveau péril est
créé par le
faible écartement entre les deux rondins de bois. Peu de
cyclistes vont
descendre de leur monture risquant ainsi de heurter
une partie de leur anatomie à l'un des embouts
de la barrière.
La
débauche de protections étalée aux
carrefours n’a
pas encore débordé jusqu’aux ponts qui
gardent leurs garde-fou d'origine.
Une fois sortie de Saint-Affrique, la voie verte bifurque plein est en
longeant la D 999.
Aux anciens
passages à
niveau, les maisons de garde-barrière ne gardent plus que
leur
charme d'antan, ce qui est déjà beaucoup.
Combien
d'anciennes gares et autres bâtiments
ferroviaires mettent à exécution, ça
et là, leurs menaces de ruine !
Sous
la piste verte, le ballast a été
conservé.
Jusqu'au prochain goudronnage, les rails apparaissent encore
à
certains carrefours.
Le
long d'un mur typique des infrastructures ferroviaires
le
ruban de sable stabilisé offre aux cycles en tous genres un
support accueillant.
En
revanche les tabliers de pont restent en attente
d’aménagement.
Des grilles étroites et provisoires admettent une
traversée prudente.
Les chemins de terre les plus anonymes ont droit à leurs
chicanes, ou à ce qu'il en reste.
Au-delà
du kilomètre 5
un
sentier confie à la piste
UTM : 31 T
496979 4866414
le soin d'héberger un circuit VTT
numéroté 4.
Au pont tout proche, le GPS de mon vélo émet un
soupir d'alerte. En effet, j'ai placé là un
waypoint
UTM : 31 T
497094 4866389
correspondant
au carrefour supposé avec une route...
qui en réalité passe au-dessous. C'est
ici que je prévoyais reprendre la Piste Verte
au retour.
Pour l'heure, je progresse sur cette ancienne voie ferrée
ouverte en 1874. Elle
reliait Saint-Affrique à Tournemire où passe
encore la ligne Clermont-Ferrand - Millau - Béziers.
Généralement
les faux-plats règnent en
kilomètres sur les pistes vertes implantées sur
d’anciennes lignes de chemin de
fer. En montagne, parfois comme ici, le plat peut se montrer plus faux
qu’à l’ordinaire. Saint-Affrique
culmine à 330 mètres
et
Saint-Jean
d'Alcapiès, où nous arrivons,
approche les 500 mètres, ce qui donne une pente moyenne
à 3,6%.
UTM : 31 T
497709 4866410
Au coeur du Parc Naturel des Grandes Causses Saint-Jean
d'Alcapiès abrite environ 250 habitants qui contribuent au
développement durable.
Je
repère, sur la colline proche, Castel Crémat,
près duquel je devrais passer au
retour.
Au-delà
de ce carrefour, d'après Google Earth, la Piste Verte n'a
plus
d'issue. J'ai prévu de continuer par la route parallèle.
Sur place ma
curiosité prend le dessus et ne résiste pas
à l'envie de me mener voir s'il n'y aurait pas moyen de
s'échapper de
l'ancienne voie
ferrée à
son extrémité.
Le
chemin non encore aménagé est toutefois entretenu
et
son revêtement naturel ne gêne en rien la
progression d'un VTT.
Ne serait-ce d'ailleurs pas cette partie que l'on devrait nommer Voie
Verte ?
C'est un pont ruiné qui met fin, provisoirement,
à ce tronçon de Piste.
UTM : 31
T 498897 4865757
Un sentier abrupte plonge sur un CV
qui abandonne toute prétention face à la
D 293 proche, que j'aborde par la droite.
UTM :31 T 498959 4865720
Le
prochain objectif sera routier.
Aux environs de Massergues
et
UTM : 31 T 499857 4865773
de la borne des 5 km,
à un carrefour,
à main gauche,
UTM : 31 T 500192 4865652
la D 93 grimpe au Col des Aiguières.
La
route traverse l'ancienne voie ferrée conservée
en l'état
avant de prendre progressivement
de l'altitude.
Cette petite route tranquille est
principalement
fréquentée par les amateurs de
fromages et de cols ;
deux
passions compatibles.
En
effet,
au-delà du
01-AVR-11 12:24:02
Col
des Aiguières
UTM : 31 T
500179 4868139
la route coule sur le village de Roquefort-sur-Soulzon.
La randonnée en VTT s'accommode mal du transport de
Roquefort, aussi fais-je demi-tour dès le col franchi.
Le paysage, en descente, n'attire qu'un oeil, mais le bon.
De
retour au carrefour de la D 293, la D 93 conserve
son appellation. Elle poursuit,
comme
moi, à gauche.
L’aire
de pique-nique de Massergues
aménagée
face
à la route de Tournemire,
fait
regretter à mon arrière-train d’avoir
concouru à sécher l'herbe humide d'un
pré pas loin de l'ancienne voie ferrée,
sur injonction de mon estomac.
Passé le kilomètre 6, je repère parmi
plusieurs embranchements
celui du chemin du Col du Poirier.
UTM : 31 T
501190 4864816
Ni
les engins agricoles dangereux
ni le cassis annoncé
ne
contrarient la progression du VTT.
La
piste principale demande à être
conservée
tout au long de la face d'approche
que seuls les reliquats d'une saison pluvieuse viennent tant soit peu
perturber.
L'embranchement à ne pas manquer se
situe plus loin
et à main gauche.
Une courte remontée au nord
UTM :31 T 502926 4864984
conduit au niveau de la voie ferrée toujours en
activité, Clermont-Ferrand - Béziers.
D'après le Chauvot le
01-AVR-11 13:15:49
Col
du Poirier se
trouve dans les parages, dans un champ
UTM : 31 T 502777 4865178
que surplombe la caténaire de la ligne de chemin de fer.
La suite de la randonnée exige un nouveau demi-tour
d'abord
jusqu'à la D 93,
puis la D 293.
Il est possible de reprendre la Piste Verte
là
où on l'a laissée, ou d'innover en continuant la
route jusqu'à
Saint-Jean
d'Alcapiès.
Peu après un engin agricole érigé en
sculpture,
sur la gauche,
un
CV fléché
grimpe
sévèrement
au-dessus du village
jusqu'à un carrefour
orné
d'une croix blanche.
Le
château d'Alzac devenu Castel Cremat après avoir
connu plusieurs incendies durant les Guerres de Religion
jouxte une ferme où ma crainte de rencontrer des chiens
s'avère vaine.
Castel-Crémat dépassé
le CV poursuit plus calmement son ascension,
jusqu'à l'embranchement de la route du hameau "Les Mazes".
Tout droit le goudron plonge près de la source de Ladoux et
du viaduc où je devrai plus tard chercher à
reprendre la Piste Verte.
La montée plus prononcée
offre une perspective sur les habitations à atteindre.
Une fois dans Les Mazes,
encore faut-il trouver
parmi
d'autres
le chemin permettant d'approcher le Pas d'Alzac.
UTM : 31 T
496767 4865892
Je sais que désormais,
la résolution des difficultés sera
transférée des mollets au cerveau.
Faute d'être parvenu à situer le Pas d'Alzac sur Google
Earth, j'ai nourri le GPS des coordonnées de la passe
fournies
par le Club des Cent Cols
laissant au terrain l'opportunité de me convaincre de la
présence d'un col à cet endroit-là.
Mes investigations commencent
derrière une clôture
piétinée, sur des terres
que rien n'affiche privées mais qui pourraient
l'être.
Elles me mènent à voir l'emplacement
donné
par le waypoint où je ne distingue pas plus de col que sur
Google
Earth.
Je
visite dans la foulée tout emplacement susceptible
de marquer un passage entre deux vallées
afin
de me convaincre que Le Pas d'Alzac
aura
à un moment ou à un autre
croisé mes pas.
La boîte à lettres d'un refuge fermé
pour cause de danger
d'effondrement,
précise qu'elle n'accepte pas de
publicité.
Dans ce coin désert, en recevoir est le danger qu'elle court
le moins !
D'ultimes recherches vaines
me décident à mettre un terme
à des efforts inutiles.
Et dire qu'il y avait une vie avant le GPS ! Une
époque où, comme ici, on
cherchait approximativement une position approximative.
Si le Pas d'Alzac ne représentait pas le quart de la
motivation de cette
randonnée, j'aurais économisé le
détour. Il y a dans le monde tant d'autres passes
parfaitement identifiées, qu'il suffit d'atteindre.
Presque au terme de la descente, la Piste Verte apparaît au
travers de la végétation.
Désormais, ou
je trouve un accès à la Voie Verte
ou je la longe par la D 999.
Un sentier discret
se glisse sous le viaduc, puis grimpe de manière abrupte, se
divise, et finit
par atteindre la Voie Verte. C'est
la sente que
j'avais repérée ce matin.
En
sens inverse, le faux-plat très descendant de l'ancienne
voie ferrée ramène rapidement à
la gare de Saint-Affrique.
Au nord de la ville, j'emprunte la D 50
et la rends très vite.
A main gauche,
UTM : 31 T
491253 4868257
le C4 parfaitement balisé invite à prendre la
direction de La Rouquette et de Bages.
C'est sur cette route étroite
que se situe le Col de la Pale,
dernier objectif de la journée.
Laissant à droite la route de Bages,
UTM : 31 T
489100 4868855
01-AVR-11 16:29:46
le
CV n’épargne les mollets du cycliste que le
temps de franchir un col géographique
UTM : 31 T
488698 4868602
avant de poursuivre sa rude ascension
en direction de Touloupy,
maintenant en vue.
L'eau d'une fontaine coule sans restrictions affichées
au contraire de la pente qui continue à afficher des
pourcentages redoutables.
Une descente, qu'il faudra remonter au retour,
permet enfin au GPS d'afficher, lui, une distance restante en
significative diminution.
D'abord en vue, le
01-AVR-11 16:49:29
Col
de la Pale finit
par être atteint et franchi.
Où ?
Sur la route, comme il semble convenu de le situer
UTM : 31 T
487415 4869554
ou sur un chemin proche en très léger contrebas ?
Le retour à Saint-Affrique
n'est
que pure et
agréable
formalité.
La randonnée reste modeste.
Elle peut être insérée dans une boucle
plus importante incluant les intérêts touristiques
du Parc Naturel Régional des Grandes Causses,
l'intérêt gastronomique de Roquefort,