J'ai franchi plusieurs fois le Col du
Tourmalet, en vélo de route. La dernière le 29 juillet
2004, avec mon club, lors d'un Hendaye Perpignan.
A chacun de mes passages, des circonstances différentes m'ont empêché
de monter chercher les cols de Sencours et des Laquets situés
au-dessus, sur la piste qui dessert l'observatoire du Pic Du Midi de
Bigorre.
Cette année, pour égayer une abondante moisson de
cols ordinaires, les plus intéressants à mes yeux, je me trouve, début
août en quête de quelques "+ de 2000".
C'est alors que je puise dans ma réserve de projets, plusieurs
ascensions vers des passes perchées mais aisées à atteindre.
Il fait encore frais lorsque je franchis le
portillon d'accès au chemin
du Pic du Midi.
La voie encore déserte
traverse un tunnel
qui ampute peu de temps le panorama.
Je ne regrette pas d'avoir dû attendre
pour diriger les roues d'un vélo vers les crêtes
du Tourmalet ; ce matin
la lumière est exceptionnelle.
Un second tunnel s'excuse d'assombrir le plaisir
des yeux du randonneur
en lui offrant peu après une vue sur le Pic.
Au-dessus du Lac d'Oncet, qui retient
encore un engin de chantier tombé lors de la construction de la route,
je m'étonne de rattraper
un couple de marcheurs. Le profil de la piste
n'est pas en faveur d'un cycliste mal entraîné et flâneur.
En m'approchant, je constate que les deux
randonneurs sont arrêtés
devant un troupeau d'animaux étranges en ce lieu.
Depuis une demi-heure ces personnes attendent là, le passage d'un
téméraire pour lui emboîter le pas (ou les roues) au milieu de ce que
je pense être des lamas.
Je n'ai pas souvenir d'avoir déjà rencontré ce type d'animal, mais s'il
est là, en liberté, c'est qu'on l'y a mis et qu'il ne représente
aucun danger pour l'homme !
Sur un déluge de remerciements et de propos
admiratifs concernant mon courage, j'atteins un premier objectif : le
Le Col de
Sencours conserve les murs d'une
ancienne hôtellerie construite en 1852, dévastée par une avalanche
l'année suivante et reconstruite en 1856.
Une plaque rappelle que :
Le
14 décembre 1874,
vaincu par la tempête,
le général Ch. de Nansouty,
quittant avec ses compagnons
ces lieux inhospitaliers,
battit en retraite pour la
première et la dernière fois
de sa vie.
Cent ans plus tard
a été déposée ici cette plaque
en hommage aux premiers pionniers
de l'observatoire du Pic du Midi
Les ouvertures constituaient probablement le point faible du bâtiment.
Avec le franchissement
du Col de
Sencours,
50% des objectifs que je poursuis sont remplis.
Au-delà de ce premier col, le chemin adopte
un profil moins roulant qu'accentue l'état
du revêtement natuel.
Heureusement
le paysage
et les occupants des lieux
offrent maints prétexte à fractionner la grimpée.
De lama en lama,
de panorama époustouflant
en vision de cols énigmatiques
j'arrive en vue de nouveaux bâtiments.
La sévérité de la pente retarde le moment
où je peux découvrir la nature de l'édifice
entrevu.
Un projet de réhabilitation de l'Hôtellerie des Laquets
est à l'étude. Les bâtiments sont laissés à l'abandon depuis de
nombreuses années.
Il serait dommage que ce patrimoine encore debout finisse par subir le
sort de l'Hôtellerie de Sencours.
Le nuage vient maintenant chatouiller les sommets,
donnant encore plus d'allure au Pic du Midi de Bigorre.
Mon objectif se situe au-dessus de l'Hôtellerie
et encore en-dessous du nuage.
Je ne dépasserai pas ce matin le Col des
Laquets et ses 2637 mètres.