Par ignorance, je me contenterai donc, aujourd'hui, d'un seul Coll del
Duc ;
celui de l'Institut
Cartographique
de Catalogne.
Il n'est pas dit qu'un jour, au passage, je ne visite pas son homonyme.
En attendant, je poursuis le chemin
qui monte au nord.
La boucle s'annonce belle. J'ai déjà "chassé les cols" dans cette
région. Ils sont nombreux.
Je
ne calcule jamais la distance d'un parcours que je prévois
d'effectuer seul. Je ne fais pas même le compte des feuilles A4
utilisées pour imprimer la carte.
C'est lorsque, chez moi, je dois déplacer chaises
et table pour plier
au sol le patchwork final, que je prends conscience de l'ampleur du
trajet.
Ce fut le cas pour celui d'aujourd'hui. Aussi je mise beaucoup
sur l'assistance du GPS en matière de navigation
pour ne pas perdre de temps en errances inutiles.
La surface et l'épaisseur de la carte réalisée rendent difficile
son extraction du sac à dos, compliquent sa
consultation,
même par temps calme, et contrarient enfin son rangement après usage.
Il va sans
dire que je n'entends y recourir qu'à bon escient.
J'arrive sans difficultés notables jusqu'à un point de repère sûr ; le
goudron
d'un CV en provenance de Juncosa.
avant de croiser le Mas de Salvadoret.
Un carrefour succède à la bâtisse.
A main gauche, le Cami de la Serra,
prend appui à l'altitude
440,8 mètres et grimpe dans la montagne pour justifier son appellation.
Le ou les franchissements du Coll dels Sarraïns s'est ou se sont
effectués en aller-retour depuis le carrefour proche du Mas del
Salvadoret.
Une fois redescendu à l'intersection, je reprends tout droit le cours
de la randonnée sur la boucle.
Quatre cols en une heure et demie ; la moyenne s'offre une
remontée précaire.
Le prochain objectif ne sera atteint qu'au terme
d'un parcours de jonction étendu et parsemé d'embranchements.
Depuis que j'ai abandonné toutes occupations
professionnelles
salariées, je ne me préoccupe plus de moyennes à tenir en vélo. Je n'ai
d'autre impératif horaire que celui de rentrer avant la tombée de la
nuit.
Une large boucle VTT, sans échappatoires, se doit d'être
roulante, exige de ne pas trop s'éloigner du tracé prévu que ce soit
par distraction ou en
raison d'obstacles divers.
Il est heureux que mon parcours évite cette zone de travaux, interdite
même aux piétons.
UTM : 31
T 317563 4587573
Au rythme qui est le mien, si le terrain se
maintient en cet
état, j'estime le temps de la randonnée à une dizaine d'heures. Ce qui,
en cette saison, me laisse une certaine latitude. Une marge
avec la course du soleil mais pas avec la dépense d'énergie.
Le parcours est et se situera en permanence sur des montagnes russes.
La remontée s'effectue face à des troglodytes
et se poursuit par un virage en patte d'oie à
340°,
qu'il ne faut pas manquer.
Au-dessus, en sens inverse, le
"Camí de Lleida"
de l'altitude par petites touches. Les seules
difficultés
qu'oppose le terrain ont trait à la navigation. Deux carrefours en
triangle se différencient des nombreux autres. Ils se
succèdent.
Le premier à aborder par la gauche.
Sur le terrain, pourtant, la voie ne s'en tient
pas là. Elle progresse d'oliveraies
en parcelles de forêts.
En descente, mon équilibre sur le VTT s'accommode
de la nature brute de la chaussée.
Ce tronçon de parcours sort des "chemins battus".
Sur une petite boucle, même difficile, il passerait pour anodin.
A
ce stade de la randonnée, il impressionne davantage. Il rappelle que la
France est loin, et que ma voiture à Juncosa, s'éloigne à chaque coup
de pédale.
La perte d'altitude, aussi, participe à ce sentiment d'insécurité
relative
pour s'imaginer que le parcours ne saurait
emprunter une pente prononcée, à main droite.
La flèche du GPS, heureusement, marque bientôt son opposition à la
mauvaise direction prise.
C'est bien à droite, presqu'en vue d'une passe qui se devine,
N'ai-je pas vu cette jonction possible entre les
deux cols ? Ou ai-je voulu "assurer" en raison de l'étendue du
parcours ?
Tout à ma réflexion, je parviens
de nouveau
à l'embranchement de
la route de Castelldans
près du Mas de Mateuet où
il devient nécessaire de régler le GPS en fonction de l'objectif
suivant à chercher.
C'est
là que je constate que le bouton principal de réglage de l'appareil,
s'il se laisse toujours presser sans résistance, n'obtempère plus aux
ordres.
Certes j'use du GPS a
minima : direction à
tenir
et distance à vol d'oiseau. Mais sans cette assistance je ne
me
situe plus à coup sûr sur la carte et plus du tout sur un terrain
débordant de carrefours, embranchements et autres pattes
d'oie.
Cette
panne que je tente et retente de réparer en vain, m'agace et me déçoit
plus qu'elle ne m'inquiète. Elle surgit au moins mauvais moment.
Je me trouve sur une route par laquelle, moyennant quelques détours,
je
peux regagner mon
véhicule à Juncosa. A la
louche, une soixantaine de kilomètres.
Dans un premier temps, dégoûté, j'éteins carrément le GPS.
je perds toute chance de dénicher la moindre passe
sans aide de la technique.
Le Global Positioning System en panne, mon voyage touche a sa fin.
J'étais parti
pour l'Andalousie, il me faudra remettre la suite de cette expédition à
plus tard.
L'énergie déjà dépensée comme celle encore à fournir pour
rallier Juncosa par la route, me pousse à lutter contre la fatalité. Je
rallume le
GPS et y presse les boutons encore en fonctionnement.
Sans bien savoir comment, je parviens à faire apparaître sur l'écran
le waypoint du Coll del Gat ainsi d'une sorte de flèche pointant en je
ne sais quelle direction.
En quittant le terme
municipal de Cervià, je remarque en cours de côte,
La flèche bizarroïde jaillie du tréfonds du GPS par
manipulation hasardeuse, pointe le Coll del Gat dans l'axe de
la piste. Puis cette même flèche rétrécit,
disparaît,
réapparaît. Je tourne en rond, visite des vergers, escalade des
monticules en dévale d'autres et finalement reviens
miraculeusement à la route.
La perte de temps, de forces, de moral me pousse à ne plus m'aventurer
hors du goudron,
Je remarque que la nouvelle flèche du GPS rétrécit de
nouveau mais cette fois avec constance et ce, au fur et à mesure que je
progresse en direction supposée de l'objectif pointé.
Elle finit par disparaître complètement. L'appareil émet alors une
sonnerie familière.
Ce système d'aide à la navigation rudimentaire
m'a permis de gagner un col ; peut-être peut-il m'en faire toucher un
second.
Je tente la chance par des voies qu'a posteriori je constaterai être
éloignées de celles prévues.
De bâtisse en pierres sèches, en voies sans issues,
de talus à franchir
en pistes retrouvées, j'en viens à me dire que
décidément je
ne peux continuer à errer dans ce dédale plus ou moins cartographié
sans l'aide des fonctions habituelles du GPS.
Je saurais où se trouve la route, je la rejoindrais sans
délais.
Alors que je me déclare perdu, le GPS lui
retrouve l'usage de sa touche "quitter/page".
Par le faite même, j'accède de nouveau à la "page compas".
Je suis dans l'axe du prochain col, à 268 mètres
à vol d'oiseau. Je ne grimperai pas la côte pour rien.
Désormais je ne manipulerai la touche capricieuse qu'avec parcimonie et
précaution.
Avec une parcimonie excessive, même ! A viser un
repère trop
lointain, je me retrouve à proximité de la Cabane del Ramon del Pau
d'où je peux contempler la piste manquée.
Manquée mais retrouvée à l'issue d'efforts
inutiles.
Tout à la joie des retrouvailles, je manque
l'embranchement, à droite, du Camí del Pla de la Vall de Melon.
Une erreur d'une dizaine de mètres seulement. Vite réparée.
Je
retrouve peu à peu le plaisir de randonner ; seule subsiste une
appréhension de voir le GPS refaire un blocage envers mon index.
d'un chemin qui, dans un premier temps,
à altitude à peu près constante,
longe des fermes
en surplomb
d'El
Soleràs.
Alors que j'en viens à me demander si la passe portée sur la carte
n'est pas de nature imaginaire, le chemin concède une quarantaine de
mètres de dénivelée pour plonger sur le
Un rond-point distribue la circulation ; à droite
vers Granyena de les Garrigues, tout droit vers El Soleràs, La
Granadella et Flix, à gauche en direction d'Els Torms et Juncosa par la
Par la route, Juncosa ne pointe plus qu'à 9,5
kilomètres.
Cette longue jonction routière
qui rendrait inopérante toute nouvelle rébellion
du GPS,
qui amoindrirait les effets d'un éventuel "coup
de pompe", me rassure et me lasse. J'ai perdu depuis plusieurs années
tout goût à additionner des kilomètres sur des rubans de
goudron.
Un des chemins latéraux croisés, pourrait mener à
"Lo Coll d'Escapa" positionné vaguement en des endroits différents
selon les cartes. Positionné sur le catalogue des cols de Catalogne en
un lieu que ma science du double décimètre ne permet pas de déterminer
sur une carte papier que je ne possède pas.
A El Soràs, je
me demandais ce que renfermaient de nombreux imposants bâtiments
agricoles. A l'approche de Juncosa, le surplomb d'une bâtisse de même
type me renseigne : des vaches.
01-JUN-11 18:28:47
La boucle est bouclée. 11 heures 30 se sont
écoulés.
Le GPS n'est plus muet. Il a aussi
cessé de "la boucler".