Depuis
le 14 mars, date de mon dernier périple au
départ de Besalù, la météo
m'a forcé à la sédentarité.
Je n'ai eu, d'ailleurs,
chez moi, que deux fois l'occasion de mettre les roues du VTT dehors.
Les prévisions pour ce 29 mars 2008 me
permettent de risquer le
déplacement pour un parcours, à vue de nez,
plutôt étendu mais ne s'élevant
guère au-dessus des 400 mètres d'altitude.
La sortie de ville en direction Beuda se fait par deux
ronds-points
successifs de part et d’autre de la voie rapide Figueres-Olot.
Je
remonte la route que j'ai manqué de descendre
lors de ma précédente randonnée. C'est
dire que, ce matin, je n'entends prendre
aucune initiative hors des sentiers prévus.
Sant Pere de Lligorda figure sur mon
itinéraire. Ma carte le confirme.
Iglesia de San Pedro de Lligordá:
Cette
église de style roman catalan du XII, est
formée
d'une nef rectangulaire et d'une abside semi-circulaire. La porte
principale se compose de trois arches.
Je dois théoriquement poursuivre la route de Beuda
jusqu'à l'embranchement d'un chemin... Vais-je trouver
facilement cette bifurcation ? La carte exposée devant
l'église m'entraîne, sans raison, à
douter.
Je sais que le GR2 coupe
le chemin du Collet de Farigoles.
Par
prudence, je décide tout de go de suivre ce GR
jusqu'à son point de jonction avec mon parcours. Certes le
sentier, par endroit, use les souliers, mais les balises rouges et
blanches
entretiennent le moral.
Il convient de
garder le GR, même lorsque celui-ci semble
s'égarer.
Je succombe à l'erreur une seule fois pour
quelques centaines de mètres
interrompus par un carrefour inconnu et un chien braillard.
Le GR
retrouvé, alterne sentiers et chemins,
églises, ermitages et
basiliques.
Santa Maria de Palera
Iglesia
de Santa Maria de Segueró : Elle a
été construite au début du XI
ème siècle, de style roman rural catalan,
d'une seule nef. Une fois admirée la simplicité
du style roman, les ouvertures
de l'abside surprennent, probablement très
postérieures, ainsi que la façade de
l'entrée, fortifiée. A l'intérieur une
importante image polychrome de la
Vierge, gothique du XIVe siècle,
réalisée avec de l'albâtre de Beuda..
Par une sente
j'accède à la Basílica
del Santo Sepulcro de Palera :
Cette Basilique du Saint
Sépulcre de Palera a été
consacrée
en 1085. Elle était considérée
très importante dans toute la région.
Abandonnée, sa restauration a commencé en 1959.
Une oeuvre du pur roman
catalan, les trois nefs surprennent avec leurs trois absides
correspondantes. La maison, habitée encore
actuellement, située à côté
de
la Basilique, est de la même époque et
était destinée au logement de
l'évêque et de personnes nobles.
La construction de la Basilique est
la
conséquence de l'impossibilité qu'ont les
chrétiens d'aller en pèleinage à
Jérusalem
occupée par les Turcs. Il a été
établi que
le pèlerinage au Santo Sépulcre de Palera
accorderait les
mêmes indulgence que le pèlerinage au Saint
Sépulcre de Jérusalem. Après la
reconquête
par les Croisés, le privilège a
continué à
être accordé jusqu'à aujourd'hui C'est
pour cette
raison qu'une fois l'an Los caballeros de la Cofradia del santo
Sepulcro se réunissent ici.
Mon
itinéraire initial était plus simple
et roulant. Je ne regrette pas le détour même
si la pancarte Can tarrada, plantée en pleine nature ne
manque
pas de m'interroger.
Il
est une autre manière de repérer les cols et
définir les parcours. Mes 20
années
passées à Annonay, patrie des Frères
Montgolfier, auraient dû m'y faire songer.
Ni rêves
aériens ni contours touristiques ne me distraient de
l'objectif : leCollet de Farigoles.
Le versant
opposé du Collet
de
Farigoles présente davantage de
caractère.
Le
carrefour suivant se conforme aux prévisions que je respecte
en prenant à droite.
Le
croisement
d'après n'apparaît, lui, sur aucun de mes
documents embarqués.
Je décide d'ignorer ses
tentations en poursuivant tout droit
Le
goudron apparaît à
l'endroit souhaité : auColl de Jouque
je
suis sensé avoir franchi le 14
mars. Ma mémoire peine à s'en souvenir. Moi aussi.
A
deux pas de
pneus,à
main droite, la pancarte "Coll de Jou"
prévient de la
traversée du "lieu
dit" voisin. Comment ai-je pu, naguère,
manquer
de photographier l'inscription ? Il faut un coupable ; la
société moderne l’exige. J'attribue
cet oubli à la mauvaise orientation du
panneau. Le phénomène de précaution
interdit de risquer le torticolis ou la chute pour le lire.
Castel
Beuda titille
mes souvenirs. L'ai-je déjà
aperçu pour de
vrai ou sur Internet ? Le doute persiste.
En
revanche, avec certitude, je croise la pancarte d'entrée
dans
Beuda pour la première fois. Le 14 mars, je l'ai
cherchée en vain.
Par mon BTT est-il passé ce jour-là ?
L'Espagne construit des nouvelles routes à la pelle et
asphalte à
tour de bras ses
chemins. Cartographes et chasseurs de cols ne peuvent plus
suivre.
Deux
routes se rejoignent auColl de Can Jou.
D'un
promontoire aménagé j'en domine une
qui me convient.
J'aimerais
franchir "la Creu de
Maià" mais aucun des
confrères l'ayant déjà inscrite
à leurs
palmarès ne m'en a dévoilé
l'emplacement. J'ai noté près de mon parcours une
altitude correspondante. J’espère
qu’elle concorde avec ce col. Par
la droite, la route suit
en parallèle le GR ; mon fil rouge jusqu'au Coll
Sacreu.
A hauteur
d'un oratoire
j'adopte la
direction "A Noguer".
El Noguer de Seguer
Casa
Noguer de Segueró:
La Casa Noguer de Segueró, plus qu'une grande ferme catalane
(sans
doute à l'origine), est actuellement une grande maison de
maître, avec
influences italiennes à l'extérieur et
aristocratique à l'intérieur. La maison
est richement décorée avec des objets de grande
valeur artistique de tous les
styles et de toutes les époques.
Ma
carte, même associée aux
informations glanées sur Internet, ignore ce que je trouve
sur le terrain.
LeColl
Sacreu
lui-même, ne sait plus où il en est.
Les
différentes
cartes consultées mentionnent le passage d'un GR.
J'ai imaginé un instant que ce sentier balisé
avait adopté un nouveau parcours. Non,
c'est le col qui divague d'une carte à l'autre.
Le phénomène est courant. Et pas qu'en Catalogne.
Sur la Guia
de carrers de Catalunya, carte en ligne, le Col Sacreu fait
une remontée spectaculaire. Aujourd'hui, je me fie
à ce document ; c'est celui que j'ai emporté.
Le
réconfort me vient lorsque, comme imprimé, le GR
se prend à quitter le chemin pour un sentier de
chèvres qui finit sa
dégringolade au travers d'un filet d'eau. Une courte mais
rude remontée donne accès à un chemin.
Je constate sur mon plan que ma progression ne souffre là
d'aucun écart.
Est-ce dû
aux obstacles rencontrés * mais c'est ensuite que
je me perds. Je sais que jusqu'à la nationale 260
* Comme sur toutes les photos, les détails
tiennent à un click
aucun col ne viendra
récompenser mes efforts. Mon attention se relâche.
Je retrouve la route Figueres-Olot à quelque 200
mètres mètres
de l'endroit prévu sans
parvenir encore à déterminer par quelles
contrées inconnues j'ai bien pu transiter.
Plein
est*, les roues protégées
par la sur-largeur de la N260, je donne les trois coups de
pédales nécessaires
à rejoindre le carrefour de la route de Banyoles.
*à gauche,
direction Figueras
Rien
ne trouble la
tranquillité de cette "départementale"
sinon les "ola"
des pelotons cyclistes du samedi matin. Je gagne ainsi paisiblement la
fontaine
du village de Crespià.
Son
église.
Le Collet
de
Cal (ou can) Monic n'attendra pas d'être
rajouté au catalogue des cols de
Catalogne pour recevoir ma visite.
Un chemin non
cartographié (sur mon plan ancien)
y
mène. La pancarte "Sant Miquel de la
Roca"
se fait discrète à mon passage.
J'abandonne là cette direction
pour
adopter celle de Can
Monic chez qui je ne prends pas le temps de
m’arrêter. Je m'attaque directement à
son collet. Il exige
quelques efforts supplémentaires.
Où
se situe-t-il ? Deux cols
se succèdent. Le second, plus en phase avec la carte. Le
premier ressemblant
davantage aux collets locaux.
Je me décide à photographier le premier vu du
second.
Collet de Can Monic
A Crespia, la
GIP-5121 me conduit encore jusqu'à l'entrée
d'Esponella. Passé un pont et avant
la pancarte d'entrée dans l'agglomération, un
chemin, sur la droite, singe
"El Fluvia" jusque à entretenir des flaques d'eau.
Au bord du
parcours aquatique, sympathique et roulant, une fontaine
très aménagée prévient
en grand qu'elle délivre une eau sans garantie sanitaire et
en tout petit, une
eau non potable.
Ce
raccourci pittoresque, bien
que roulant, me paraît long. Il a l’avantage de
rallier la C-66, moins de cinq
kilomètres avant Besalù, à un
carrefour exploité par une spécialiste des passes
sans rapport avec mes collets. Mon parcours exige que je me rapproche
de
Besalù, d'abord par la C-66, à droite, puis par
un embranchement, à gauche, bien
signalé.
Je me trouve sur l'ancienne route, celle d'avant les bretelles,
ceintures, et
rocades. Celle qui concorde avec ma carte.
La route de Junyà, à ne pas manquer sur la
gauche, est pré-annoncée. Il s'agit
d'un test d'attention. A l'intersection
elle-même, plus rien ne rappelle cette
direction.
Il
est vrai que Junyà ne
justifie pas une débauche de panneaux. Les chemins
goudronnés de frais obligent
à prêter attention à tous les
carrefours pour ne pas manquer le début muletier
de cette seconde partie de randonnée.
La direction
à suivre désormais sera celle du
Sacré-Coeur.
Un sacré
coeur facilite l'ascension à condition de ne pas
négliger l'estomac.
J'ai
noté, comme point de
repère, la traversée d'un GR.
Celui-ci atteint,
il me reste à tenter de situer le Collet de les Tres Pedres,
inconnu du catalogue des cols de Catalogne.
Goggle Earth et
la Guia
de carrers de Catalunya consultés,
il me semble que les
"Trois Pierres" font pendant au Collet
de la Serra. Mes recherches approfondies par deux axes
différents m'amènent à
considérer que, sauf preuve (attendue) du contraire, je l'ai
franchi.
Le chemin domine
Besalù en atteignant, preuve à l'appui, le
Collet de la Serra.
Que
voilà une dépense minime !
une planchette et deux clous, Le randonneur
trouve là un point de repère sûr.
Au croisement
suivant j'abandonne la direction du Sagrat Cor pour poursuivre tout
droit
vers le Coll de Bruc.
La piste poursuit
son tracé à flanc de montagne. Je
m'étonne de me trouver du côté droit
des
sommets. J’imaginais le contraire. Je pourrais passer sur
l'autre versant à la Bassa
de Can Bef. Je
m'en tiens aux directives de ma carte.
Un
nouveau col, géographique,
une barrière électrique, puis la cessation du
chemin dans la cour d'une ferme
m'interrogent longuement sur ma situation présente.
Je me
décide à
rebrousser chemin à la recherche de mon point
d'égarement. La
première
bifurcation sérieuse me rappelle, qu'il y a peu,
elle m'a donné à réfléchir.
Mal. Probablement. Le
panonceau indique "Turo de les
Ofrenes". Par définition, il ne peut se
trouver là. Le
chemin tantôt négligé a pour
destination Sant Jaume de Llierca où, dans quelques heures,
j'espère retrouver la N260 pour
Besalù. Après 5 cols. Je
n'ai d'autre choix que d'aller vérifier si le parcours
balisé épouse mon
itinéraire.
La
Font de Planells : un
point de repère et d’hydratation. L’emplacement de la fontaine, sur ma carte, en
bordure extrême de la partie
imprimée, me fait penser à une erreur de
l’IGN local. La source se trouve en
sens opposé de ma progression.
Le carrefour
suivant me dévoile l'ampleur de mon égarement. Je
suis "sorti" de
ma carte depuis fort longtemps. Je
ne saurais dire où.
Je constate seulement que je retrouve ici le tracé
prévu.
La ferme cul-de-sac, après recherches, doit être
La Cacica.
Le
Collet de
Montiro, présent
là où il faut, confirme mes retrouvailles.
La piste croisée descend vers la vallée. Moi
aussi.
Mais très
rapidement par un autre chemin. Moins sophistiqué. A main
droite, il dévale plus sèchement, et surtout
économise distance et dénivelée.
Je retrouve la piste
principale
à
remonter par la droite.
Je distingue bientôt "La Miana". Du moins je
l'espère.
La
fin de la remontée coïncide
avec les indices d'une présence humaine.
Un
col, des pancartes... le
bonheur.
Je sais, pour avoir visionné des photos satellitaires que
les chemins dans ce
secteur ont pris une totale liberté avec ceux
tracés sur ma carte.
Le panneau sommital annonce "La Miana".
Sur mon plan, "la Miana" précède le Coll
de Can Jou de trois
doigts. 800 mètres à vue d’ongles.
Pourtant
je me trouve à un
col. Il n'y en a pas d'autre visible dans le prolongement de la piste.
Je cherche, je prospecte, je compare. Je n'y comprends rien.
Mes investigations me font dénicher une résidente
en préparatifs
de bronzage sur sa terrasse. Une anglaise ! Me v'là
bien avancé.
Je pense comprendre qu'elle se croit à Can Jou. La
pauvre ! Elle n’a pas
lu le panonceau !
A
quelques mètres de là, dans
le prolongement du chemin, je lui concède raison.
Depuis plusieurs sorties j'ai remarqué que les indications
fournies sur les nouveaux
poteaux à disposition des touristes randonneurs,
sont très approximatifs. Comme les arrêts
d'autobus, ils portent le nom d'un
lieu connu environnant.
Une mure réflexion s'avère
nécessaire pour admettre que le magnifique chemin
qui me fait face correspond à un petit trait insignifiant
sur ma carte et que
le double tracé qui y figure
indique
l'insignifiant chemin qui descend sur la gauche.
Comme vu sur Google Earth, très vite je
me trouve en présence du chemin d'accès
au Coll de
Travesses.
R2/3 dit le catalogue. C'est un peu exagéré ou la
cotation fait référence à un chemin
abrupte tombé en désuétude.
Je dirai R1/2.
L'aller-retour
effectué, je reprends mon chemin avec l'ambition
de
"découvrir" le Coll
de Cavaller, mentionné sur ma carte.
En
m'engageant vers el Palomer
de Dalt, j'espère trouver un chemin ou un sentier
sur la
droite qui me
permettrait d'atteindre le col situé, je crois, plus bas, en
prolongement.
El Palomer de Dalt
se trouve encore, dans toute l'acception du terme, au bout du chemin.
Je dois m'en contenter. Je ne vois pas d'échappatoire au
cul-de-sac. Si itinéraire il y a, sûrement
prend-t-il
naissance du côté du Coll de Jou ?
La
suite de la randonnée jusqu'aux abords
de Sant Jaume de Llierca est éclectique. Un parcours amusant
pour vététistes du
dimanche matin. Long et usant dans le cadre d'une randonnée
à la journée.
L'aboutissement
à une route nouvellement goudronnée ne marque pas
la fin de l'effort.
Il
s'agit encore de remonter au Coll
de Can Font pour y constater
que
le magnifique chemin,
délaissé naguère au Coll de
Jou, aboutit ici.
Dans l'idéal, donc, au Coll de Jou le
collectionneur ira chercher, en
aller retour et en un petit quart d'heure, photos comprises, le Coll de
Travesses, puis rejoindra tranquillement le Coll de Can Font par la
large piste
principale aménagée.
La chasse aux cols
du jour touche à sa fin. L'asphalte
nouveau rallie
Sant-Jaume de Llierca.
La N-260 ramène à Besalù par
Argelaguer. La nationale prend des airs de route de campagne. Elle se
trouve doublée par une "Autovia" gratuite.
Les
compteurs affichent 81
kilomètres pour 1700 mètres de
dénivelée. Décomptée la
distance due aux
erreurs, ce parcours roulant peut être renforcé de
quelques cols alentours.
Pour ma part, je m'en satisfais.
La région magnifique me reverra bientôt, au
départ de Oix.