Un
réveil qui omet de s'adapter à la
proximité
relative de Besalù, oblige mon véhicule
à s'y garer avant huit heures.
J'apprécie ce contretemps.
Ma
pénétration motorisée dans
Besalù me fait
craindre le pire. Mon VTT doit en effet s’extraire de la
ville par le même
itinéraire. En sens inverse, l'accès à
la nationale 260, direction Figueres, s’exonère
de quelques contours par ceintures et bretelles.
Le
caractère pénible
qu’aurait pu présenter la dizaine de
kilomètres de montagnes russes parcourus sur
la nationale, s’est trouvé
atténué par les bienfaits de la sur-largeur
aménagée.
Les routes espagnoles sont coutumières du fait.
La route de Cabanelles ne fait toutefois pas regretter le faible trafic
de la
N-260 en ce vendredi matin.
Au
carrefour suivant, direction Sant Marti, une
fontaine s'offre à parfaire les pleins. Ignorer l'invitation
sous
prétexte que les 12
premiers kilomètres mouillent guère le maillot,
serait considéré comme
injurieux. La suite du parcours ne coule plus de source.
L'approche de la montagne se fait en pente douce.
Can
Ribera trouve appui sur un col géographique.
Il faut encore contourner un léger mamelon pour constater
qu'il existe bien un Coll de Sant Marti,
autre que celui mentionné dans le catalogue des cols de
Catalogne. Il se situe précisément à
l'endroit
indiqué par ma
carte (vermeille).
A 600 mètres, en aller-retour :
Església
romànica
de Sant Martí, amb una sola nau i campanari cuadrat.
L'autre Coll de Sant
Marti (ES-GI-0370), correspond au Collet d'en Guives,
difficile à repérer sur le terrain.
Mais
comme le terrain, ici, c'est la route, je roule
sans scrupules.
Peu après Can Serra, "centre terapèutic", je
néglige provisoirement un chemin à main droite.
Le Coll d'en Serra,
proche,
mérite une place au palmarès.
L'aller-retour
accompli, démarre, ici, la partie muletière de la
randonnée.
Les nombreuses flaques d'eau disséminées dans le
chemin
accrédite dans mon esprit l'idée que l'on
construit
un
aqueduc. La réflexion aidant, je constate que ma traduction
spontanée manque d'adéquation, contrairement
à la
piste livrée aux travaux et à l'humour
des
détracteurs.
La première montée significative me dirige vers
mon
premier col bien dessiné... mais pas retenu par la
règle
du jeu auquel je joue : celle du club des cent cols.
La Bassa d'en Camps retient quand même mon attention sous
prétexte de récupération.
Je n'imaginais pas qu'une profonde vallée allait me
séparer de mes prochains objectifs : les Coll d'el Bruc,
Coll de la Cometa
et Coll de les Arcades. J'entendais les rejoindre par le
lieu-dit "l'Olivera".
Certes,
il ne m'a pas échappé que la série de
lacets
soutenant le hameau correspond à une ascension.
La perte d'altitude préalable et sa reconquête
nécessaire débordent mes prétentions.
Aussi,
c'est avec peu de conviction que je recherche l'embranchement discret
de ce
"raccourci".
Aussi, c'est sans étonnement que je constate que je l'ai
manqué.
Aussi, c'est sans regrets que j'aperçois l'Olivera
à la fenêtre d'un bâtiment en ruine.
Je pense me trouver à Planells.
Je trouve rassurant de garder la piste principale, colonne
vertébrale de mon parcours.
Je situe sans peine le Coll
de les Canals del Carig vers lequel je reviendrai plus
tard.
Une croix signe le Coll
de la
Creu.
Le Coll de la Creu
s'apprête-t-il à devenir le Port de la Creu ?
Une
question plus fondamentale se pose. Comment prendre à revers
les Coll de la Cometa et Coll de les
Arcades ? Je renonce dès à
présent à pousser jusqu'au Coll d'el Bruc.
Sur la droite, je croise bientôt une piste, tout de jaune
balisée,
qui descend en direction de mes cols. Les ensellements foisonnent
et je peine à mettre un nom sur ceux qui le
méritent. Les cartes consultées se contredisent.
Google
Earth ne se mêle pas de ce qui se passe sous les feuillages
persistants.
Un chemin se meurt dans une prairie. Pourquoi pas au Coll de les Arcades ?
Les organisateurs d'un parcours balisé ont apposé
un
panneau loin de toute maison, même en ruines, et loin de
toute
passe.
Je n'attends pas la nuit pour voir le Coll de la Cometa.
Je l'ai largement dépassé en distance et en
altitude pour
me sentir autorisé à remonter vers la piste
principale.
Le Coll
de Teies
doit me trouver indifférent lors de mon premier passage.
Le Coll
de Can Nou
aussi.
Je ne me resitue dans l'espace qu'au carrefour de Bassegoda.
J'amorce le retour
par une courte remontée au Coll de
Can Nou,
cette fois parfaitement identifié.
Le Coll
de Teies
affiche une
altitude proche de celle de son prédécesseur. Le
chemin
n'en a cure. Il plonge dans un creux, à la
rencontre
d'un
carrefour, pour remonter aussitôt.
De nouveau, le Coll de
la Creu.
Coll
de les Canals
del Carig.
En face le chemin direct vers le Coll
d'Espinau. La
première piste à droite y conduit aussi mais
permet un léger crochet à la Collada dels Trulls.
Les deux chemins se rejoignent.
D'après ma carte, confortée par des recherches
antérieures et postérieures, il semble que c'est
au Coll
d'Espinau que deux chiens
donnent de la voix à mon approche.
Le rempart infranchissable de mon vélo
les dissuadent de
m'impressionner plus longtemps.
Un des canidés, peu rancunier,
m'accompagne quelques
centaines de mètres jusqu'à un autre
coll,
pancarté "Espinau", sans autre précision.
Un collègue m'écrivait récemment, "les
cols sont
là où on les trouve". La difficulté de
situation
provient souvent du trop-plein.
Le Coll d'Espinau,
comme prévu, empruntait mon parcours ; j'en ai confirmation
dans la descente.
Après
le Coll de Jou
et la myriade de fermes attribuées à Beuda, je ne
sais plus où je mets les roues. Je pensais franchir les Coll de Can Jou et Collet de Farigoles
sur l'élan. Je me perds et ne parviens pas à
trouver le
moindre point de repère en accord avec ma carte. Suis-je
sorti
de la partie imprimée ?
Je pressens que ce n'est pas par là !
Le goudron me mène chez Lleona (Can Lleona) où il
prend
fin. Je renonce à comprendre comment on
accède à Beuda en 2
heures
10, alors que je foule le
sol de cette commune et qu'une heure 40 seulement suffisent pour gagner
Besalù.
Je me ferai toujours surprendre par ces pancartes aguichantes qui
balisent
des circuits plus qu'elles n'indiquent des directions.
Un panneau plus classique indique la direction de ma voiture.
Je
m'en remets à lui et à mon sens de
l'orientation... de
survie. Je suis très certainement à
proximité du Coll
de Farigoles. Sans regrets je
reporte sa visite à plus tard. Un futur circuit que
j'imagine
déjà.
Je retrouve la N-260 à l'ouest de Besalù. Le
manque
d'indications aux carrefours m'en fait prendre conscience à
Argelaguer. Prévenants, les autorités y ont
aménagé un rond-point qui facilite mon demi-tour.
Besalù : 17 heures...
L'église Sant Pere appartenait au monastère
créé en 977. Elle fut inaugurée en
l'an 1003.
Pour me voir, le pont fortifié sur le Riu
Fluvia patientera jusqu'à une prochaine randonnée.
Mon expérience du jour me fait entrevoir comment
améliorer ce parcours déjà
très roulant.
Je testerai le projet dès que le beau temps m'en offrira
l'opportunité.